Lokon

L'ascension du Gunung Lokon

(Sulawesi - Indonésie septembre 2005)

 

Le Gunung Lokon culmine à 1 595 m au nord-ouest de la ville de Tomohon, il représente un ensemble volcanique qui est constitué de deux strato-volcans : le Lokon et l'Empung 1 340 m.

Sur le plan historique, le Lokon a connu durant le XXème siècle environ 16 éruptions. Ces sauts d'humeur ont principalement produit des panaches de cendres petits à modérés qui ont de temps en temps endommagé des cultures et des habitations. Des formations de dômes de lave et des coulées pyroclastiques se sont également produites. En février et mars 2003, il a donné quelques signes de réveil.

 

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Le Gunung Lokon depuis la ville de Tomohon
(Photo : A. Laurenti)

Le cratère actif appelé Tompalvan se situe à 1 140 m au niveau du col qui sépare les deux volcans. Le Tompalvan possède une paroi verticale sur presque la totalité de la circonférence du cratère. Toutefois on peut descendre et atteindre une terrasse située 50 m plus bas pour approcher les fumeroles et les dépôts de soufre. Partie à pied depuis l'hôtel de Tomohon à 10 h 20, nous traversons une grande carrière d'extraction de roches volcaniques. Dans sa partie inférieure, elle est exploitée par des engins mécaniques mais plus haut c'est l'homme qui l'exploite avec ses propres mains. Comme les bagnards de Cayenne, ces gens passent leur temps à casser les cailloux à la massette un par un. Au cours de la journée femmes et enfants viennent à leur tour apporter leur aide. C'est au bout de la carrière que l'ascension commence. Le passage se fait dans le fond d'un torrent asséché d'une dizaine de mètres de large et dont l'eau a poli et mis à nu la roche. De part et d'autre, la végétation est constituée d'herbes hautes coupantes, de quelques fougères arborescentes et de rares palmiers.

 

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Le vallon asséché seul itinéraire possible pour atteindre le col
(Photo : A. Laurenti)

Quelques ressauts se franchissent assez facilement John notre jeune guide grimpe avec agilité. L'air est pesant chaud et humide sans le moindre souffle, Maurice et moi suons à grosses gouttes, il est plus de 11 h et le soleil nous brûle la peau. Nous faisons des haltes répétées pour s'abreuver et se protéger un instant des rayons. Puis une pente régulière permet d'arriver progressivement jusqu'au col. Le sol est jonché de ponce et d'obsidienne nettement moins pure que celle de Lipari dans les îles Eoliennes. Nous arrivons enfin dans l'univers désertique et minéral du volcan, pas à pas le Tompalvan nous ouvre sa gueule. A l'intérieur, l'haleine blanche des fumeroles s'échappent de la paroi jouxtant le Lokon. John et moi descendons jusqu'à la terrasse, les fumerolles ne semblent pas être chargées en gaz, il s'agit plutôt de vapeur d'eau. Le masque n'est pas nécessaire, elles sont respirables, et ne provoquent pas de quintes de toux ni de picotements des yeux. John ramasse quelques plaques de soufre encore très chaudes que je range soigneusement dans un sac prévu à cet effet. Le temps ensuite de faire quelques photos et nous montons rejoindre Maurice. Il est plus de treize heures et la faim commence à se faire sentir, comme dit John "une bouteille qui pleure bien méritée nous attend ".

 

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La roche volcanique lissée et polie par le ruissellement de l'eau.
(Photo : André Laurenti)

 

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Depuis le bord nous surplombons la cratère et ses fumerolles
(Photo : A.Laurenti)

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Depuis la terrasse nous surplombons directement le cratère
(Photo : A. Laurenti)

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John notre accompagnateur Toraja
(Photo : A. Laurenti)

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